15 BD qu’il est encore temps d’offrir pour Noël

Il y a 3 semaines 60

Rusty Brown

Par Chris Ware, traduit de l’anglais par Anne Capuron, Delcourt, 356 p., 49,95 euros.

Que regarde-t-on, une bande dessinée ou un jeu de piste ? Ici, deux fils narratifs sur la même planche, là, des cases microscopiques, plus loin, des onomatopées qui se substituent au dessin, ailleurs, des images vues à travers un verre de lunette brisé. « Rusty Brown » exige une lecture méticuleuse, mais gratifiante, presque écrasante par son génie inventif. Publiée sur dix-huit ans dans « Acme Novelty Library », cette œuvre « triste et inexplicable » (les mots de l’auteur) colle au plus près des sentiments de plusieurs personnages fréquentant la même école du Nebraska. Rusty Brown s’y fait harceler, W.K. Brown, son père, encapsule une déconvenue amoureuse dans une nouvelle de S.-F., Joanne Cole, son irréprochable institutrice, vit avec le poids d’une question sans réponse. Et puis, il y a Jason Lint, la terreur de l’établissement, dont Chris Ware s’attache à représenter, avec un talent inouï, la conscience sur toute une vie, du nouveau-né à l’agonisant. Dans l’univers de l’auteur de « Building Stories », la vie est morne, l’air saturé de regrets, les traumatismes persistants. L’échappatoire ? La littérature, les comics ou le banjo. En écho, il fait de la bande dessinée un émerveillement infini, jusqu’à la jaquette qui se déploie en un poster couvert de bonus. Un livre inépuisable.

Amandine Schmitt

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