« 1984 » en BD : « Avec le confinement, j’ai eu la désagréable impression d’être rattrapé par les événements »

Il y a 1 semaine 33

« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Est-il encore nécessaire de présenter « 1984 », l’œuvre majeure de George Orwell, publiée en 1949 et entrée dans la culture populaire occidentale ? Tout comme le masque de Guy Fawkes (issu du film « V pour Vendetta »), devenu un symbole de rébellion, les références à cette uchronie issue de la guerre froide (de la novlangue à « Big Brother is watching you ») sont abondamment utilisées de nos jours par les défenseurs des libertés face aux monopoles de certaines entreprises dans les médias et réseaux sociaux ou, surtout, face à des Etats et des sociétés qui se sécurisent toujours plus, à grand renfort de vidéosurveillance, de reconnaissance faciale, voire, parfois également, de dénonciations, de censure de la presse ou de réécriture de l’Histoire.

D’ouvrage majeur du XXe siècle, illuminant chaque adolescent à sa lecture, « 1984 » est devenu un symbole très concret de résistance politique face aux dérives totalitaires. On pense évidemment aux grands mouvements citoyens, mais les bédéphiles se souviendront peut-être aussi, de manière plus anecdotique, que c’est le livre que Guy Delisle prête à son guide nord-coréen dans « Pyongyang » (L’Association, 2003).

Avec sa superbe et terrifiante adaptation, servie par un graphisme rappelant celui des archives de propagande et alternant bichromie noire et rouge, noire et jaune et noire et bleue, Xavier Coste donne une nouvelle vie à l’intemporelle dysto

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