"Demon slayer : le train de l’infini" passe devant "Le Voyage de Chihiro" et prend la tête du box-office japonais

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Le suspense n'était plus qu'une question de jours : le long-métrage "Demon Slayer" réalisé par Haruo Sotozaki a battu le record du box-office au Japon, ont annoncé lundi 29 décembre ses producteurs, prenant la place du célèbre film du Studio Ghibli.

Depuis sa sortie il y a 19 ans, Le Voyage de Chihiro d’Hayao Miazasaki était l’indétronable. Pourtant, il n’a pas fallu plus de deux mois en salle pour que le nouveau-né Demon Slayer : le train de l’infini prenne la place du roi.

Avec plus de 32,45 milliards de Yen (soit 313, 5 millions de dollars) de recette, le nouveau film d'Aniplex, filiale de Sony, dépasse le record de 31,68 milliards du film du studio Ghibli. Cette bataille entre les deux films nippons témoigne aussi du faible encrage du cinéma américain dans le box-office japonais. Même si La Reine des neiges ou encore Titanic ont eu des succès notables, ils sont loin d’atteindre les résultats de Demon Slayer.

Un exploit aussi en termes d’entrées en salle : plus de 24 millions de spectateurs sont allés voir Demon slayer : le train de l’infini au cinéma - contre 23,5 pour le long-métrage d’Hayao Miyazaki -, créant la surprise dans un contexte de crise sanitaire pourtant peu favorable. Même au dehors du Japon, le film s’est fait remarquer. Au classement mondial de 2020, il atteint la 6ème place, juste derrière Tenet de Christopher Nolan.

Adapté du manga éponyme créé par Koyoharu Gotōge, ce long métrage du réalisateur Haruo Sotozaki fait suite à la saison 1 de la série animée.

L’intrigue du manga se déroule durant l’ère Taishô ( 1912 -1926). Tanjirô, jeune vendeur de charbon, devient chasseur de démons après le massacre de sa famille par ces créatures assoiffées de sang humain. Il se donne pour mission de délivrer sa petite soeur Nezuko, seule survivante du drame, transformée en démon féroce depuis l’attaque.

Dans le film, on retrouve Tanjirô accompagné de ses co-équipiers, qui embarque à bord d’un train d’où quarante personnes ont mystérieusement disparu. Dans un wagon, il rencontre un des plus puissants épéistes du pays, le Pilier de la Flamme Kyôjurô Rengoku, avec qui il va s’allier pour combattre un démon coriace.

Une recette efficace mais qui ne contient pas d’ingrédients bien originaux. Tous les codes à succès du manga traditionnel sont repris : un jeune héros, naïf et d’une grande bonté qui ne connaît pas encore l’ensemble de son potentiel ; un maître surpuissant et stylé ; des acolytes drôles et peureux ; des méchants effrayants et sanguinaires… rien de nouveau sous le soleil ! Mais les images sont d’une grande qualité, les couleurs sont vives, les mouvements fluides. Les traits de crayon du dessinateur rappellent même parfois ceux de Patrick Sobral, illustrateur de la bande-dessiné Les légendaires. La musique du film - interprétée par LiSA - est aussi très réussie et figure en tête du top 50 japonais.

Mais qu’est-ce qui fait alors le succès de ce film ? Si l'oeuvre combine le parcours initiatique du héros, un thème récurrent des mangas pour adolescents, elle partage aussi des valeurs positives telles que l'amour fraternel, l'amitié et la lutte du bien contre le mal. Celles-ci ont pu réchauffer le coeur des spectateurs japonais en pleine pandémie. "Il n’y a pas de coronavirus dans le monde de Kimetsu, mais les personnages savent aussi ce que c’est que de vivre dans la peur de quelque chose", estime YattY sur twitter.

Même le premier ministre du pays, Yoshihide Suga, n’a pas été épargné par le phénomène Demon slayer. Le 2 novembre, au cours d’une séance devant le Parlement, il avait annoncé répondre aux questions "dans un souffle de concentration intégrale", technique de respiration employée par les combattants dans le manga.

Ce premier long métrage adapté de la série Demon slayer n’est pas prêt d’arrêter son ascension dans les box-offices mondiaux, mais sa date de sortie en France reste pour le moment inconnue.

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