Blacking Out

Il y a 2 semaines 31

L'histoire :

Conrad Sauer est un ex-flic revenu sur ses terres, à Edendale, Californie. On l'a viré de la Police de cette ville, parce qu'il avait fini par confondre uniforme et bouteille de whisky. Il vient de se garer en face d'une cabine téléphonique et fait le point avec Lund, un avocat qui lui a proposé une enquête qui pourrait bien le remettre en selle. Karen Littleton a été retrouvée morte, le crâne fracassé. Le crime est particulièrement horrible et toute la localité s'en est émue : la gamine a été entièrement brûlée. Le père est inculpé parce que les services sociaux savaient qu'il frappait sa fille mais il clame son innocence. Lund, son avocat, flaire une enquête policière mal ficelée et il a donc dealé avec Conrad : s'il arrive à démontrer que son client n'est pas le meurtrier, un gros paquet de dollars s'ajouteront à celui qu'il vient d'allonger à l'ex-flic. La date du procès arrive à grands pas mais le problème, c'est que Conrad n'a strictement aucune piste...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Delcourt est allé piocher dans l'indé, puisque Blacking Out a été publié aux USA avec un financement participatif. Si le scénariste, Chip Mosher, est jusque-là inconnu, il est clair que cet album va le mettre en lumière, d'autant plus que la couverture de Pat Reynolds annonce tout de suite la couleur : c'est l'histoire d'un mec qui a des embrouilles. Avec un décor qui a pour abri une Californie étouffée (et étouffante) par une série d'incendie, l'atmosphère est tout de suite plombée. On découvre que ce Conrad a une revanche à prendre, parce qu'il a été viré de la police. Trop souvent beurré en service... Et quand un avocat le convainc que son client va passer sur la chaise parce que les flics de son bled ont bâclé le boulot, Conrad va pointer le bout de son nez, bien sûr. Alors on ne va pas vous mentir, l'intrigue semble plutôt convenue, ce qui est le risque quand on joue sur tous les clichés du polar (bien sûr, il y a aussi une femme dans cette histoire), mais il faut bien avouer que la chute est vraiment une tuerie. Et c'est aussi ce qui fait qu'on referme le bouquin en continuant à penser à ce bouquin, à ce gars-là, Conrad... Pour ce qui est du visuel, le large format que l'éditeur a choisi met en avant le talent de Peter Krause, le dessinateur notamment d'Irrécupérable/. En effet, le comics ici en grand format, exploite à merveille l'art du découpage, que l'artiste utilise de façon panoramique, facilitant l'immersion visuelle. C'est un super boulot, la partie graphique étant quant à elle servie par des dessins assez sobres mais en réalité très travaillés, à l'instar des couleurs de Giulia Brusco, la coloriste du mythique Scalped. Vous l'avez compris, si vous kiffez le polar, attrapez ce bouquin et isolez-vous avec, le temps d'un black-out.

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