Chronique : Au bord du monde (Locus Solus)

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E n 2003, Bruno Le Floc’h publie Au bord du monde, trois histoires minimalistes ayant pour décor la Bretagne, vers le début du XXe siècle. Il y discute notamment de la mer, de la rudesse du climat, de la brutalité des gens et de la mort. Ces thématiques seront au cœur de toute son œuvre à venir. D’un trait simple et précis, il traduit, avec beaucoup de sensibilité, l’esprit des lieux et l’âme de ses personnages.

L’année suivante, il obtient le prix René-Goscinny du meilleur scénariste au Festival de la bande dessinée d’Angoulême pour Trois éclats blancs. Il réalisera huit autres bouquins, avant d’être victime d’un accident de la route en 2012.
Près de dix ans après son décès, Locus Solus réédite son premier livre, épuisé depuis un moment. Mis à part un format légèrement plus grand et un papier glacé, le contenu de base demeure le même et des nouvelles se dégage toujours autant de puissance.

Les concepteurs de l’album ont par ailleurs eu le bonheur d'explorer les archives de l’auteur. Il ont mis la main sur différents documents, dont Jean des Pierres, un court récit inachevé, et le découpage technique de Corentin, un projet en cours. Le dossier inclut également un long texte analytique et biographique, rédigé par Brial Haslé-Le Gall, président fondateur de l’association Les amis de Bruno-Le Floc’h.

L’éditeur fait donc d’une pierre deux coups. D’abord la réédition d’un ouvrage difficile à trouver, mais surtout, une monographie en forme d’hommage à un bédéiste dont le passage dans le neuvième art aura été trop bref.

Par J. Milette

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