Chronique : Banquiz (Delcourt)

Il y a 4 semaines 50

M ême s’il n’y croit pas et qu’il s’en fout royalement, un président des USA se doit de s’intéresser aux changements climatiques. Pffff… Bon, peut-être qu’en y mettant un peu de télé réalité, ça pourrait donner quelque chose de regardable. Aussitôt dit, aussitôt fait et une équipe de « spécialistes » s’envole vers l’Antarctique. Reste à savoir ce que l’empereur des manchots va penser de ce barnum. Heureusement, un accueil festif avec des Mariachis a été prévu. Ouf, prions que cela suffise pour faire sauver l’audimat… euh, non, la planète.

Dans Banquiz, Jorge Bernstein et Nikola Witko ont kidnappé l’air du temps et l’ont fumé après l’avoir associé à quelques produits prohibés. Un petit coup de Trump, la crise environnementale, la télé poubelle et hop, ils cassent la baraque à coups de gags plus ou moins éculés (plus c’est gros, plus ça passe) à raison d’un minimum par page. Ça ne sert à rien de râler, il fallait mieux lire le contrat avant de le signer. Bon, le plus important, le résultat est drôle, grinçant sans être vraiment méchant, car ce n’est pas le but et, de toute façon, les idiots se reconnaîtront eux-mêmes sans aucun problème. Il y a bien quelques hésitations ici et là comme ces ours polaires délocalisés à grands frais et un final en demi-teinte. Est-ce la faute de la qualité des susmentionnés substances hallucinogènes ? Un complot pour faire taire ces critiques acerbes envers le monde occidental ? Ou, simplement une mauvaise estimation de la pagination à disposition (toujours ce foutu contrat) ? Mystère et boule de gomme comme disent les épistémologistes.

Loufoque, rigolo, déjanté et tout ce genre de choses, Banquiz est une relecture tordante de l’époque sans doute moins gratuite qu’elle veut bien le paraître ou le laisser penser.

Par A. Perroud

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