Chronique : Black Widow (100% Marvel - 2021) -1- Des liens indéfectibles (Panini Comics)

Il y a 3 mois 162

S an Francisco, après une journée bien remplie sur ses chantiers, Natalie - désormais architecte - rentre à la maison où elle file le parfait amour avec James et Stevie… leur fils ! Une telle situation a de quoi interroger pour qui sait qu’il y a encore trois mois, Natasha Romanoff faisait encore preuve de sa dextérité sur les toits de Manhattan…

Maintes fois reporté pour cause de pandémie, Black Widow sort enfin sur grand écran et comme The Walt Disney Company ne fait pas les choses à moitié, Marvel prépare le terrain avec la sortie de trois albums dont cette nouvelle série avec Kelly Thompson (Hawkeye, Captain Marvel…), Elena Casagrande (Star Trek, Doctor Who…) et Jordie Bellaire (Amazing Spider-Man, Doctor Mirage…). À l’heure où Blanche Neige prend des couleurs, faut-il voir dans ce trio de charme un coup marketing autour de trois artistes de talent ou alors un effet collatéral de la culture woke ?

Compilation de cinq premières issues parues depuis septembre 2020 outre-Atlantique, Des liens indéfectibles constitue le dernier arc en date des tribulations de l’ancienne récipiendaire de la Chambre rouge. Pour l’occasion, Kelly Thompson précipite son héroïne dans une prison dorée où ceux qui l’y ont enfermée n’ont de cesse de tout faire pour l’en extraire. Comprenne qui pourra, mais il faut bien que, d’une manière ou d’une autre, Natalie redevienne Natalia Alianovna Romanoff !

Sur un scénario qui reste somme toute très classique, même si la poupée rousse joue les mères attentionnée et la femme aimante et qu’Arcade comme ses coreligionnaires apparaissent plus stupides que dangereux, Elena Casagrande apporte à sa partition graphique toutes ses connaissances visuelles des films et des séries télévisées, notamment, dans ses doubles pages toutes en dynamique. À l’évidence, l’école italienne investit avec bonheur l’univers des comics et l’ex-assistante de David Messina possède tout d’une grande et dessine une Black Widow dont la féminité et la fragilité sont mises en valeur et seraient presque touchantes. À noter cependant les incursions de Carlos Gomez (#4) et de Rafael de Latorre (#5) qui, espérons-le, ne présagent pas d’une passation de flambeau dans un futur proche ! Pour finir, il serait injuste d’oublier la couleur de Jordie Bellaire dont les aplats laissent subsister la netteté de l’encrage d’Elena Casagrande sans toutefois lui apporter le relief qui mettrait véritablement son dessin en exergue.

Cette n-ième série semble vouloir exploiter une Black Widow toujours aussi déterminée et dangereuse mais en proie à une forme de doute existentiel, de quoi ouvrir des perspectives intéressantes. Afin de s’en assurer, il reste, pour ceux qui ne maitrisent pas l’anglais, plus qu'à attendre la parution des cinq prochaines volumes déjà éditées aux USA

[size=85]

Nota Benne

: À noter également la sortie de Black Widow : le prologue du film qui, en sus d’une piqure de rappel afin de recontextualiser le film, propose deux aventures de 1963, temps où la Veuve noire évoluait en bas résille et en bustier bleu-nuit… toute une époque ! Pour les aficionados, une compilation intitulée sobrement Black Widow permet – au pas de charge - de retracer la chronologie récente de la divine espionne venue du froid pour mettre le feu au cœur des Advengers ! [/size]

Lire la Suite de l'Article