Chronique : Breakwater (Futuropolis)

Il y a 1 mois 46

B righton, station balnéaire anglaise un peu triste, abrite le Breakwater. Autrefois somptueux, il n'est plus qu'un cinéma de quartier délabré. Des employés peu motivés l'animent pour une clientèle peu cinéphile. Parmi eux, Chris, une femme introvertie d'une quarantaine d'années, y végète depuis trop longtemps. Elle a troqué toute ambition personnelle pour profiter d'un travail mal payé mais peu exigeant. Elle entretient des relations cordiales bien que superficielles avec ses collègues, qui changent régulièrement. Sa vie est simple, solitaire et sans relief et cela lui convient tout à fait.

C'est alors qu'arrive Dan. Il vient d'emménager, ne connaît personne et cherche un job. Très vite, ils sympathisent. Ils partagent une certaine incapacité à la socialisation, un goût pour la marge. Leur amitié naissante fait du bien à la quadragénaire, qui envisage de reprendre ses études et sortir de la torpeur qui l'habite. Elle prend alors progressivement la mesure de l'instabilité psychologique de son nouvel ami.

Avec Breakwater, Katriona Chapman raconte une histoire d'amitié troublée. Situant son récit dans une ville qui semble perpétuellement hors saison, elle crée une atmosphère étrange, nostalgique et vaguement triste. Il est difficile de définir précisément l'époque, le principal indice tenant aux affiches de films sur les murs. Les personnages semblent tellement décalés que ce récit pourrait aussi bien se dérouler il y a dix ou vingt ans.

Précédé d'une réputation plus que flatteuse, cette bande dessinée ne plaira assurément pas à tout le monde. Son rythme lent et son sujet peuvent la rendre mortellement ennuyeuse pour beaucoup de lecteurs. Pourtant, elle possède de très beaux atouts pour qui est sensible à ce genre de récits subtils et touchants.

Par T. Cauvin

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