Chronique : Density - Chloé Densité (Delcourt)

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U n extraterrestre, gardien de la Terre est accro aux feuilletons télévisés. La planète étant menacée par les Douss, il risque de voir es séries favorites interrompues s. Brisant la règle de non-intervention avec les indigènes, il gratifie Chloé du pouvoir de contrôler la densité de son corps. La jeune femme peut ainsi flotter et passer au travers des solides. Après avoir appris à maîtriser ses nouvelles habiletés, elle entreprend de sauver l’humanité. Chloé densité constitue l’intégrale de Density, une trilogie publiée entre 2017 et 2021.

Lewis Trondheim part d’une idée toute simple qu’il exploite et pousse à son paroxysme. Il la transforme en un récit endiablé, ponctué de dialogues décalés dont il a le secret. Des États-Unis au cosmos, après une escale au Japon, les rebondissements sont nombreux ; il n’y a aucun temps mort et le scénariste n’hésite pas à faire preuve de beaucoup de créativité pour que la protagoniste sorte indemne des situations les plus invraisemblables dans lesquelles il l’a placée.

Le lecteur adhère avec bonheur à cette histoire déjantée pastichant les comics dont il respecte les codes. D’abord, il campe des acteurs archétypaux. D’un côté une héroïne, répondant à l’appel, même si elle n’a rien demandé, et une poignée d’acolytes bons, loyaux, sensibles et courageux. De l’autre, les méchants, fourbes et opportunistes, lesquels seront évidemment punis.

La structure du triptyque se révèle assez classique : un tome d’apprentissage, un second racontant les premiers exploits et un dernier où le personnage principal, au sommet de sa forme, se porte à la défense du monde, avant de revenir avec félicité à son train-train quotidien.

Les illustrations de Stan et Vince (Vortex) rappellent davantage la tradition franco-belge avec gaufrier ; même les scènes d’action grandiloquentes avec explosions et tout le tralala sont souvent représentées dans de petites vignettes. Les artistes font cohabiter deux styles graphiques tranchés : réaliste pour tout ce qui est terrestre, alors que les créatures venues d’ailleurs apparaissent franchement caricaturales. Le contraste frappe, mais le tout fonctionne très bien.

Une parodie de bande dessinée américaine où les bédéistes se moquent gentiment des amis des extraterrestres, survivalistes et autres geeks.

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