Chronique : Josée, le tigre et les poissons -1- Tome 1 (Delcourt)

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P assionné de plongée, Tsuneo projette de partir au Mexique pour y poursuivre ses études et y découvrir les fonds marins. En attendant, il travaille dans une boutique spécialisée à Osaka. Un jour, en rentrant chez lui, il vient en aide à Josée, une paraplégique. Cette dernière vit avec sa grand-mère, laquelle décide de rompre de sa petite-fille en embauchant son sauveur comme gardien. Mais le caractère farouche de l’intéressée rend la cohabitation difficile. La fascination mutuelle des deux jeunes gens pour le monde aquatique sera leur terrain d’apprivoisement.

Nouvelle série en deux tomes éditée dans la collection Moon Light par Delcourt-Tonkam, Josée, le tigre et les poissons est une adaptation en manga du roman Joze to Tora to Sakana-tachi de l’écrivaine Seiko Tanabe, paru en 1984. L’œuvre a aussi été déclinée en film d’animation en 2020 au Japon (avec une sortie en juin 2021 en France), par les studios Bones, sous la réalisation de Kotaro Tamura et selon le character design de Nao Emoto (Fragments d’elles), dessinatrice de la version papier.

Le récit débute rapidement, une fois le décor général planté, et n’échappe pas à quelques clichés : la rencontre « fortuite » entre les principaux protagonistes en constitue le meilleur exemple. De même, les personnes qui entourent les héros répondent à quelques stéréotypes, tout comme certaines évolutions scénaristiques prévisibles. Pour autant, l’histoire se révèle plaisante, adroitement menée et, surtout, aborde des sujets délicats. Ainsi, la mise en avant du handicap, les frustrations que cet état engendre chez Josée – dans l’impossibilité d’effectuer des tâches pourtant simples –, ou encore le regard peu amène des passants devant cette jeune femme en fauteuil roulant sont très bien restitués. Ce cachet d’authenticité se retrouve dans le soin apporté à l’approfondissement progressif des relations et de la psychologie des protagonistes. Tout autant que la beauté de son monde intérieur, l’ouverture de l’héroïne vers l’extérieur est décrite avec beaucoup de sensibilité. Par ailleurs, si la romance affleure çà et là, elle demeure en retrait pour le moment. Il est cependant fort possible qu’elle prenne davantage de place par la suite.

Le dessin doux de Nao Emoto porte joliment le propos. Son trait possède une grande délicatesse et sait jouer avec les expressions, en soulignant les moments d’embarras, de joie ou de mélancolie. Les cadrages souvent axés sur les visages renforcent cette impression de proximité, tandis que les vues plus larges contribuent à installer une atmosphère à la fois poétique et sereine, mais aussi ancrée dans le présent. Le plongeon dans l’imaginaire de Josée constitue une jolie parenthèse onirique.

Légèrement romantique, ce premier tome de Josée, le tigre et les poissons offre un moment de lecture agréable et plaisant. Un josei à découvrir cet été et dont la suite paraîtra en septembre 2022.

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