Chronique : La quête de l'oiseau du temps -11- Folle graine (Dargaud)

Il y a 3 semaines 41

D e retour à Thâ, Bragon redoute que Mara ne lui ait pas pardonné d'avoir assassiné son père, alors qu'il était sous l'emprise maléfique de l'ordre du signe. À son grand soulagement, il découvre que la princesse a accepté que le chevalier ne soit pas responsable de ce crime. Elle lui avoue même son amour avant de lui demander de l'accompagner dans une mission particulièrement délicate. Elle doit s'emparer d'une mystérieuse graine, indispensable pour invoquer une magie très ancienne, à même de contrer les pouvoirs de Ramor. Pour cela, il lui faut se rendre dans un temple niché sur une île dans la baie du fleuve Dol.

Ce simple nom, ainsi qu'une ombre inquiétante sur la couverture, ne peuvent qu'évoquer l'un des personnages les plus intrigants du cycle originel. En effet, l'intrigue se rapproche à grands pas du point de jonction avec La Conque de Ramor, premier épisode de La Quête de l'Oiseau du Temps. Il convient donc pour les auteurs de conclure leur intrigue. Il reste encore tant à expliquer avant que Pelisse et le Fourreux fassent leur entrée.

Force est de constater que les événements décrits depuis le premier tome s'inscrivent parfaitement dans la trame de La Quête de l'Oiseau du Temps. Il n'est pas rare que, dans ce genre d'exercice, des incohérences apparaissent, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent. Le scénario distille les informations avec parcimonie, laissant toujours planer le doute sur LA grande question qui reste sans réponse depuis trente-cinq ans : la véritable nature de Pelisse. L'explication qui devrait survenir dans le prochain épisode aura intérêt à être à la hauteur !

La lecture de Folle Graine se révèle plaisante, à défaut d'être complètement passionnante. Depuis le début, Avant la Quête reste indubitablement en-deçà de la saga originelle. Il faut reconnaître que succéder à un tel chef-d'œuvre n'était pas une entreprise aisée. L'attachement à l'univers d'origine reste un facteur central dans le succès de cette série et force est de constater que les auteurs ont réussi, jusqu'à présent, à conserver une grande cohérence. Le principal bémol concerne le dessin de David Etien. Le travail du dessinateur doit être ingrat, puisqu'il lui faut s'inscrire dans le style de Loisel, quitte à se sentir bridé. Si ses planches ne souffrent pas de véritables défauts, elles manquent de panache. Dans leurs postures et leurs expressions, les personnages souffrent d'un déficit de charisme, comme s'ils exprimaient inconsciemment la lassitude du dessinateur, qui ne participera d'ailleurs probablement pas à l'ultime tome. Celui à qui reviendra le redoutable honneur de reprendre le flambeau sera-t-il Lidwine, Aouamri ou Mallié qui rempileraient pour boucler la boucle ? À moins qu'un nouveau candidat n'émerge ? Aucun décision ne semble avoir été officiellement prise. En tout cas, l'impatience est double, parce que la conclusion très attendue de cette série permettra également à Loisel d'enfin se consacrer à Après la Quête.

Par T. Cauvin

Lire la Suite de l'Article