Chronique : Le goût du sang (Le Lombard)

Il y a 1 mois 40

I l pensait avoir vécu le pire après son crash en voiture au bas du ravin. Néanmoins, à voir la petite maison tranquille, le chien qui batifole, une jeune femme qui coupe du bois … Qui aurait cru qu'il avait débarqué en Enfer ! Pour Aldo, tout juste sorti de prison, c'est le début d'une incroyable aventure teintée de rouge.

Après De la nécessité d'avoir un ours chez soi, Debuhme propose un thriller rural rocambolesque et invraisemblable certes, mais relativement sympathique grâce au ton humoristique et à sa galerie de personnages bien construits. Ceux ci sont des stéréotypes ambulants : un gentil mafieux, une blonde qui manie le couteau comme une reine, des sous-fifres benêts, un flic local candide et un vieux caïd hargneux comme un pitblul. Reprenant certains codes des polars, le scénario utilise le comique de situation et les quiproquos pour construire une comédie légère et sanglante.

Si l'auteur est à l'aise au scénario, le dessin, lui, pêche quand même un peu : un trait très lâché qui donne une impression de bâclé sur les visages, chiche de détails et des couleurs fades, il n'y a pas grand-chose de réjouissant pour l'œil. Cette histoire aurait vraiment mérité un traitement plus riche, notamment dans les décors.

Sans autre prétention que de distraire, Le gout du sang remplit son rôle. Dommage que la forme ne soit pas à la hauteur du fond.

Par L. Moeneclaey

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