Chronique : Le journal de Célia : Infirmière au Temps du Covid, et autres Récits (Vuibert)

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A vril 2019. Service pédiatrique. Lucie a quatre heures. Son père ne veut pas la reposer. Elle vient tout juste de s’assoupir. Un moment magique. Néanmoins, il hésite à se lever pour étancher sa soif. Célia, l’infirmière de faction, effectue son tour avec bienveillance. À la demande du parent, elle apporte une bouteille d’eau, malgré la réprobation d’une collègue : « Tu crois que tu as le temps ? ». Non, bien entendu ! Pourtant, elle perd quelques secondes avec joie puisque c’est cela sa conception du métier.

Par l’intermédiaire des réseaux sociaux, la dessinatrice Mademoiselle Caroline a mis en images le quotidien de Célia, une infirmière diplômée d’État spécialisée en soins pédiatriques. L’enjeu de ces saynètes, devenues virales, consistaient à communiquer sur les difficultés des équipes soignantes pluridisciplinaires de France et de Navarre face à la pandémie de Sars-cov-2. Cette entreprise a rapidement attiré les éditions Vuibert. La parution du livre a induit la construction d’autres séquences afin d’étoffer le discours des autrices. Ainsi, l’album s’ouvre sur l’exposé de l’absence de vocation, une explication du cursus ou encore une expérience peu enviable en neurologie adulte. Les conditions d’exercice et la faiblesse du traitement salarial sont évidemment pointées du doigt, mais rien de nouveau sous le soleil. Lorsqu’au début de l’année 2020, une épidémie frappant initialement la Chine commence à se propager en Europe. Le propos s’épaissit aussitôt et gagne en intensité. Un arc narratif sort particulièrement du lot. Il est à la fois savamment mené et émotionnellement chargé. Il aurait, sans nul doute, dû clore l’ouvrage à la manière d’un coup-de-poing rageur ! Finalement, le binôme a préféré apaiser la lecture en glissant une note d’espoir qui atténue fortement les sentiments du public.

A contrario du scénario, la partition graphique n’a pas été améliorée. Mademoiselle Caroline a gardé tout le long un style jeté et épuré, à l’image de posts journaliers publiés sur la toile. Par conséquent, le rendu s’approche davantage d’une somme d'illustrations de presse que de l’art séquentiel. Les éléments de décors sont ponctuels et pas toujours détaillés. La colorisation est à l’avenant. Bref, la technique utilisée paraît moins aboutie que celle déployée, par la bédéiste, à l’occasion de Par Y. Machado

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