Chronique : Montagnes Russes (Bamboo Édition)

Il y a 2 semaines 38

U n fichu cauchemar, toujours le même : une fête foraine bondée, son petit ange qu'elle perd de vue, elle la retrouve aux côtés d'une inconnue qui lui arrache des bras… Ouf, elle se réveille. Enfin soulagée de ne pas avoir perdu de bébé mais amère d'avoir cru être mère. Tiens, aujourd'hui, les mains sur son ventre, elle ressent quelque chose ; si elle faisait un test ? Peut-être vaut-il mieux attendre le résultat de la prise de sang, comme le suggère son mari ? L'espoir peut être tellement cruel…

Gwénola Morizur (Bleu pétrole, Nos embellies) s'est inspirée de l'expérience de ses oncle et tante, surtout des sentiments qu'ils ont pu ressentir précise t-elle, pour développer cette histoire poignante. Si Montagnes russes est assurément un récit intimiste - le lecteur suit au plus près le quotidien d'un couple en mal d'enfant pris dans la spirale infernale des tests et des examens en vue d'une fécondation in vitro -, les thèmes abordés sont universels. Centré sur Aimée, la scénariste expose avec pudeur son mal-être et les mécanismes de défense qui s'enclenchent, souvent à son insu. L'angoisse, la frustration, les tourments, toutes ces émotions bouillonnantes éprouvées par le personnage principal sont très bien retranscrites et pourront trouver un écho en chacun tant cela est traité avec sensibilité et finesse.

Camille Benyamina (Les petites distances, Violette Nozière vilaine) possède un trait réaliste assez épuré, tout en délicatesse. Associé aux couleurs douces et les jolis effets de lumière, une certaine ambiance feutrée se dégage, parfaitement adaptée au sujet. La dessinatrice glisse de temps à autres des pleines pages qui s'attardent sur des moments intenses et significatifs ; le rythme est bien géré.

Une belle histoire de femme traitée avec humanité qui dépeint les hauts et les bas d'une maternité refusée.

Par L. Moeneclaey

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