Chronique : Orgueil & préjugés (Aurore) -2- Rosings Park (Soleil Productions)

Il y a 1 semaine 41

A vec l’arrivée de la saison froide, Meryton a retrouvé sa tranquillité. Mais les cœurs et les humeurs sont maussades. Séjournant à Londres pour l’hiver, Jane Bennet constate l’absence d’intérêt que lui marquent Charles Bingley, pourtant si empressé à l’automne, et sa sœur. Tout en essayant de la rassurer, Elizabeth soupçonne le fier Fitzwilliam Darcy d’être pour quelque chose dans cette situation. Les propos tenus par George Wickham sur ce dernier renforcent sa conviction. Au printemps, la jeune fille se rend chez son amie Charlotte, devenue Mme Collins, à Hunsford. Invitée dans le domaine de Rosings Park, elle y croise Mr. Darcy qu’elle cherche à éviter. Pourtant, un soir, l’agacement retenu cède face à une révélation aussi inattendue que surprenante.

Septembre a vu la parution du deuxième volet de l’adaptation en bande dessinée d’Orgueil et préjugés par Aurore (Pixie, Lady Liberty, Sweety sorcellery). L’autrice y reprend la trame du second chapitre du célèbre roman de Jane Austen et fait donc évoluer les personnages dans cet épisode d’entre deux. L’effervescence qui précédait a cédé le pas à une période d’expectative et de questionnements qui permet à certains des acteurs de prendre du recul. C’est évidemment le cas d’Elizabeth dont le caractère passionné et épris de justice finit par être confronté aux limites de ses propres idées préconçues. En sus des dialogues, la narration reprend, dans des cartouches (astucieusement reliés entre eux par un long ruban), le contenu des lettres échangées entre l’héroïne et Jane, ce qui permet de suivre ce qui se passe tant dans la capitale que dans la campagne anglaises. Assez paisible dans son déroulement, le récit connaît un sursaut dans la scène – très attendue – de la déclaration de Darcy.

Autant que l'évolution des relations entre les protagonistes, ce qui charme dans ce Rosings Park, ce sont le soin et la minutie apportée par Aurore à la partition graphique. Encore une fois, l’artiste offre un travail de qualité. Ainsi, le jeu des regards, le rendu des émotions, les détails des tenues, la finesse des décors et la subtilité des couleurs s’allient avec grâce à un découpage maîtrisé et des cadrages variés. Certaines planches, sans parole, se révèlent d’une grande éloquence, notamment celle du Noël à Meryton qui, en six vignettes horizontales, autant de plans, de décors et de palettes colorées, évoque les différents moments de cette fête hivernale au fil de la journée.

Le plaisir de lecture est au rendez-vous de ce deuxième volet d'Orgueil et préjugés. Vivement la suite (et fin).

Lira la chronique du tome 1.

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