Chronique : Ours (Kinaye)

Il y a 2 semaines 47

Q uand un chien d'aveugle perd... la vue !

Avec un tel départ, difficile de penser à une histoire aussi poétique et émouvante. Pourtant, l'intrigue imaginée par Ben Queen envoûte et emporte rapidement. Se servant du handicap de Patrick, il décrit la relation forte qui se crée entre l'homme et Ours, son chien. La complicité d'abord, à travers le dressage et l'entraide puis, très vite, grâce à ce qui arrive à l'animal, le scénariste (qui a travaillé sur Cars 2 et 3 mais aussi la série TV A to Z) plonge son lectorat dans une quête initiatique revisitée. L'auteur a puisé dans des expériences réelles pour décrire comment l'imagination aide à voir. Toutefois, il apporte à son propos un angle à l'originalité forte doublée d'un talent narratif certain en adoptant le point de vue du compagnon habituel.

Grâce au dessin rond et expressif de Joe Todd-Stanton (La famille Villepierre chez Sarbacane), le périple de l'animal émerveille autant qu'il inquiète. Attachant et naïf, Ours se laisse guider par ses rencontres allant de surprises en déconvenues. Lors de son périple, le héros à quatre pattes devra s'appuyer sur ses autres sens et son flair (!) pour se sortir des situations pour le moins compliquées dans lesquelles il se retrouve embarqué. La mise en image de la cécité est l'une des franches réussites du titre. Avec beaucoup de créativité, le dessinateur représente les sentiments et les sensations que traverse le chien. L'histoire de Ben Queen profite d'ailleurs à plein des circonstances, tant son scénario joue de ces décalages entre les perceptions et la réalité.

Beau, tendre, drôle et prenant, cet Ours ne laisse pas indifférent. Mais loin de n'être qu'un titre gentillet, il émeut et interpelle sur un sujet qui, pourtant, ne prête pas forcément à la rêverie.

Par M. Moubariki

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