Chronique : Pigalle, 1950 (Dupuis)

Il y a 3 semaines 32

A lors qu'il retourne dans son Aubrac natal, Antoine dit « Toinou » se rappelle son départ pour Paris, à tout juste dix-huit ans. Le choc en découvrant les bâtiments, les rues, les gens, son premier boulot de livreur puis celui d'homme à tout faire à La Lune Bleue, le cabaret à la mode de Monsieur Beau Beb et sa rencontre avec Olga. S'il avait su où tout cela le mènerait...

Annoncée depuis quelques temps déjà, la collaboration entre Jean-Michel Arroyo (couleurs et dessins) et Pierre Christin (scénario) est venue garnir les étals des librairies au tout début du mois d'avril 2022. Exit les avions (L'escadrille des têtes brûlées, Jack Blues ou Buck Danny pour l'artiste qui se plonge avec gourmandise et modestie dans un Paris années 50 réinterprété. Privilégiant l'atmosphère à l'exactitude de la reconstitution, le dessinateur installe d'emblée le cadre. Le choix de teintes sépia contribue à cette sensation, tout comme les trognes et les styles vestimentaires. Les plus cinéphiles des nostalgiques se rappelleront Gabin, Carmé, Melville, Grangier...

Cela fleure l'hommage à une époque, à un genre - les films noirs à la française -, à Pigalle et Montmartre que les auteurs assument. Toutefois, l'aventure imaginée par Pierre Christin manque de souffle et de tension. La faute à une intrigue sans réelle surprise et des personnages juste effleurés et, surtout, trop stéréotypés. Le videur, catcheur à ses heures perdues, le tenancier acoquiné à la mafia corse, la star entretenue par le gotha de la nuit etc. Ils sont tous là mais se révèlent peu développés, même Toinou, le personnage principal, malgré son évolution, peine à être vraiment attachant.

Sans réellement convaincre, Pigalle, 1950 offre tout de même une jolie plongée nostalgique dans un Paris pas tout à fait réel, ni totalement inventé. L'ambiance d'une époque se mêle à ce polar qui a donné envie aux auteurs de prolonger le plaisir. Ainsi L'île des riches, un nouvel album en couleurs cette fois, devrait suivre l'année prochaine.

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