Chronique : Pocahontas (Prugne) - Pocahontas (Daniel Maghen)

Il y a 1 mois 59

E n 1607, quelques navires de la couronne d’Angleterre échappent de peu aux Espagnols. Se laissant pousser par les vents, ils atteignent une baie sur les côtes de Virginie. Épuisés, les hommes se mettent tout de même immédiatement à l’œuvre pour bâtir la première colonie britannique permanente en Amérique (douze autres suivront pour donner naissance aux thirteen colonies) : Jamestown. Mais leur arrivée n’est pas du goût des actuels occupants des lieux, au premier rang desquels les Powhatans. Dans l’opposition frontale qui va opposer les deux camps, le capitaine John Smith et la princesse Pocahontas vont, par leur relation, tenter de rapprocher les peuples ennemis.

Dès les premières planches, le trait fin, la beauté des aquarelles et la force des ambiances sautent aux yeux. Il faut dire que Patrick Prugne est devenu maître dans l’art de mettre en images les Amérindiens, avec plusieurs récits dédiés à cette période (Pawnee, Tomahawk, Canoë Bay). Une nouvelle fois, le dessinateur propose un graphisme d’un réalisme saisissant et offre des paysages grandioses, sublimés par des couleurs d’une grande justesse.

Voilà probablement (tout) ce qu’il faut retenir de ce titre.

Du côté du scénario (mais aussi de la narration), en effet, le bât blesse davantage. L’auteur avait pourtant opté pour quelques choix judicieux, par exemple en faisant de l’ensemble une discussion entre Pamuik, frère de Pocahontas, et le lieutenant Oliver Pitt. Mais l’histoire demeure trop convenue, sans véritable surprise et, au fond, bien longue pour raconter si peu. Certaines directions peuvent par ailleurs étonner. Ainsi, sans totalement assumer de faire de John Smith et Pocahontas des amants, leur relation reste présentée comme une histoire d’amour et non une simple complicité, et cela en dépit des éléments historiques connus en la matière et du très jeune âge de la protagoniste.

À défaut de séduire les lecteurs exigeants en termes de scénario, Pocahontas ravira, sans doute, les amoureux de belles illustrations.

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Par D. Kebdani

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