Chronique : Sélénie (Delcourt)

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L a Terre n’est plus que ruines. Seule, sur la face cachée de la Lune, une colonie subsiste en vase clos et attend depuis bien des années un signe en vue d'un hypothétique retour…

Sélénie serait-il un rêve en forme d’hommage aux récipiendaires du panthéon des 5e, 7e et 9e Art réunis, puisque sur son dernier ouvrage, Fabrice Lebeault convie pêlemêle, à l’image des guest stars des séries américaines, Méliès, Charlie Chaplin, Moebius, Edgar P. Jacobs, Alex Raymond, Hergé ou bien encore Rudolf Erich Rasper, Jules Verne ou Frank Herbert... ? Ce faisant l’auteur d’Horologiom revisite ses fondamentaux tout en construisant son propre univers, donnant raison à Brel lorsqu’il citait le Duc d’Elbeuf !
Avec cet album au charme désuet qui plonge ses racines dans un passé oublié pour le revisiter en mode ligne claire, Fabrice Lebeault ressuscite donc toute une iconographie qui a façonné plusieurs générations de lecteurs. Cultivant, avec une pointe de nostalgie, un style dieselpunk agréablement mis en valeur par la couleur de Greg Lofé, Sélénie évite cependant l’écueil du catalogue de références… L'auteur possède suffisamment d’expérience et surtout d’imagination pour s’inspirer de ses illustres ainés afin de créer, à l’instar du pneumaphore, un monde imaginaire qui se suffit amplement à lui-même. Toutefois, une fois la soixantième planche tournée, il est évident que tout n’a pas été dit ! Serait-ce là l’occasion pour revenir de nouveau sur le sujet afin d’en explorer les quelques facettes restées dans l’ombre ?

À suivre... peut-être !

Par S. Salin

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