Chronique : Supergirl - Woman of tomorrow (Urban Comics)

Il y a 2 semaines 21

R ien de tel qu’une bonne cuite pour faire le point ! Le problème, lorsque vous êtes Supergirl, c’est que vous devez être proche d’un soleil rouge pour que l’alcool puisse agir et qu’inévitablement vous allez tomber sur une cohorte de couards qui, à défaut de pouvoir se venger sur votre illustrissime cousin, vont vouloir se défouler sur vous...

Woman of tomorrow paru chez Urban Comics compile l’intégralité des huit issues de la minisérie parue outre-Atlantique dès juin 2021 avec Tom King au scénario et le duo brésilien Bilquis Evely (dessin) et Mateus Lopes (couleur) sur la partie graphique.

Curieusement, Supergirl fait plus figure de second rôle que d’égérie dans la cosmogonie des Super-Héros, à telle enseigne qu’après le relatif échec du film éponyme, DC Comics n’hésita pas à précipiter sa fin en 1985 dans Crisis on Infinite Earths… avant de la ressusciter à partir de 1988 sous des identités diverses, notamment en 2004 sous les traits d’une adolescente ! Depuis, Kara Zor-El parvient à exister malgré l’ombre de Superman, bien qu’elle lui soit en de nombreux points équivalente !

Sous ses airs de space-western, Woman of Tomorrow est un conte initiatique et composite où amateurs de comics comme amoureux de franco-belge peuvent se retrouver. Construit autour d'un périple interplanétaire porté par un récitatif (parfois) trop bavard, mais délicieusement vintage, il est l’occasion de réécrire l’histoire de l’orpheline de Krypton et de tenter ainsi de l’inscrire au Panthéon de l'éditeur américain tout en lui conférant une certaine complexité psychologique… loin de tout manichéisme.

Malgré sa consistance et (peut-être) du fait d'un sentiment de répétition, le scénario de Tom King passe au second plan, éclipsé par le travail phénoménal de Bilquis Evely, parfaitement secondée par Mateus Lopes. La jeune dessinatrice brésilienne démontre sur ce récit tout son brio et sa pluralité graphique en inventant des mondes sur lesquels planent les fantômes de Moebius et de Mézières ou en dessinant des contrées qu’aurait pu explorer Robert E. Howard. Inventive, quelquefois à la limite de l’exubérance, elle impose définitivement son style et sa créativité ici.

Alors, même si la performance s’essouffle un tant soit peu sur les derniers épisodes, la prestation reste à tout le moins singulière et largement au-dessus du lot des productions actuelles. Supergirl est de retour... qu'on se le dise !

Par S. Salin

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