Chronique : Tête de pioche -1- Les bébêtes du Bayou (Dargaud)

Il y a 1 mois 41

Élevée par sa grand-mère, « Tête de pioche » est une gamine espiègle qui passe ses journées à gambader par monts et par vaux et aime faire la causette avec les animaux. Un courrier de sa sœur Milady narrant ses dernières péripéties en Nouvelle-Orléans enflamme le désir d’évasion de la môme avide d’aventures. Le soir-même, elle prend la direction du sud en catimini. Confiante en sa bonne étoile, elle ne se préoccupe ni des centaines de kilomètres à parcourir, ni des dangers du trajet…

Avec les Bébêtes du Bayou, Frédéric Brrémaud ouvre une nouvelle série jeunesse pleine de pep et d’humour, portée par une héroïne juvénile qui séduit rapidement par son caractère bien trempé, sa langue acérée et sa témérité insouciante. Et de la volonté, il en faut pour affronter une bande de malfrats impliquée dans le trafic d’animaux sauvages. Le ton volontairement joyeux n’empêche en rien le sérieux sous-tendant l’histoire. Au contraire : les bandits, bêtes et méchants, ne font pas dans le détail et s’en prennent à la fillette de la même façon qu’à la faune. Cela suscite de l’empathie envers la gamine et ses protégés qu’ils portent poils ou plumes. La générosité qui imprègne le personnage et son regard positif sur le monde font également mouche. Par ailleurs, le trait arrondi autant qu’expressif de Giovanni Rigano et sa mise en couleurs aux tons pimpants accompagnent agréablement le propos. La galerie d’acteurs est croquée avec talent et les bouilles des nombreuses bestioles ne manquent pas de faire craquer, du petit écureuil gourmand à l’alligator rondouillard et placide ou à l’élégante panthère. La composition des planches offre des cadrages variés, s’attardant par moments sur des paysages joliment rendus.

Réjouissant et adroitement mené, ce premier tome de Tête de pioche saura plaire aux enfants et même faire sourire les plus grands. À découvrir.

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Par F. Paquet

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