Chronique : The shadow Planet (Komics Initiative)

Il y a 3 semaines 33

L a quille est pour tout bientôt, dans trente-six heures pour être précis. Après cinq ans de mission, il ne faudrait pas rater le rendez-vous avec la flotte ! Oui, mais c’est un S.O.S. et le règlement est ultra-précis, il faut y répondre sous peine de sanctions. Bon, qu’un petit détachement prenne une navette et aille constater sur place qu’il y a eu un court-circuit. Cette épave s’est écrasée il y a des décennies, impossible qu’il y ait des survivants. Tu te rends compte, rester isolé si longtemps sur un caillou perdu dans le cosmos ?

Chez les tueurs à gage, il y a le dernier contrat et, hop, la retraite au soleil. Chez les braqueurs, l’ultime coup afin de se remplir les poches avant la belle vie. Pour les explorateurs, il reste toujours un détail à aller vérifier sur le chemin du retour. Le point commun de ces canevas de série B ? Rien ne se passe jamais comme prévu pour les héros.

Vaisseaux spatiaux, planète lointaine, appel de détresse, équipage de forts en gueule, one liners de circonstance, un peu de sexe gratuit (dès la première page !) et pas mal violence gore, tous les ingrédients obligatoires sont présents. Résultat, au premier abord, The Planet Shadow se lit tel un hommage aux films du répertoire (ALIEN, The Thing, La planète des vampires, le choix est vaste). Dans le même temps, Giovanni Barbieri et Gianluca Pagliarani demeurent sérieux et évitent toute forme de pastiche ou de second degré. Si les références sont là, bien visibles, il s’agit avant tout d’une création originale suivant les règles de l’art.

Face aux productions aux financements parfois aléatoires des studios mineurs d’Hollywood, les deux Italiens ont néanmoins un avantage : leur budget est illimité et ça se voit ! Armé de leur passion pour le thriller SF horrifique, ils offrent un album grand spectacle où toutes les audaces visuelles sont permises et même encouragées (cf. la plongée au cœur du planétoïde ou le rover vintage façon Mœbius). L’important est d’en mettre plein la vue. Certes, un peu plus d’humour aurait sans doute été le bienvenu, mais il ne fallait tomber dans la parodie. Alors, les acteurs y croient dur comme fer, les émotions passent en force et l’hémoglobine flotte à flot à travers l’éther. Et l’intrigue ? Est-elle si importante que ça, vu le contexte général ?

Œuvre de genre par excellence, The Shadow Planet est une lecture jouissive cent pour cent adrénaline, sans aucune pensée en arrière-plan ni message caché. Sortez le pop-corn, la limonade et vérifiez bien que les portes sont verrouillées à double tour.

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