Chronique : Vega (Albin Michel)

Il y a 1 semaine 30

F in du XXIe siècle, dans ce qui subsiste de la jungle indonésienne, Ann Vega découvre la dernière orang-outan ! Elle n’imaginait pas qu’en la ramenant avec elle, elle déchaînerait les passions et les tensions exacerbées par la Guerre sourde….

Dernier scénario en titre pour Serge Lehmann qui cultive ici des terres qui lui sont chères et nouvelle incursion de Yann Legendre dans un genre qui ne lui est plus étranger depuis Flesh Empire

Vega est un album d’une simplissime évidence. Coté script, en habitué, le scénariste de Métropolis sait composer intelligemment avec les figures imposées de l’anticipation, jusqu’à n’en retenir que l’essentiel, en évitant soigneusement tout développement superfétatoire. La multitudes des thèmes abordés est impressionnante et embrasse la cosmogonie Marvel, Star Trek, Carmen Mc Callum… mais il sait prendre à chacun ce dont il a besoin. En fin connaisseur du sujet, il choisit chaque référence avec soin, il ne s’agit pas de construire son récit sur l’accumulation, mais sur la pertinence. Cette rigueur se retrouve également dans le travail de Yann Legendre. Délicieusement vintage, mais terriblement contemporain dans sa géométrie des formes et des couleurs, son dessin emporte l’adhésion et fait corps avec un scénario écrit pour lui… D’ailleurs, plutôt que de dessin, il serait plus approprié de parler d’univers graphique, car l'ancien élève de l’institut d'art visuel d’Orléans livre ici une synthèse, au design maitrisé, de l’ensemble des disciplines (illustration, design, direction artistique...) qu’il étreint.

Vega aurait pu être une saga se déclinant en de nombreux tomes. Finalement, le parti de s’en tenir à cent soixante pages, certes superbes, mais par trop elliptiques, a été pris. Cela étant, l’ellipse requiert un certain savoir-faire et en la matière, Serge Lehmann comme Yann Legendre sont des orfèvres.

Par S. Salin

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