Criminal

Il y a 5 mois 124

L'histoire :

Une nuit de mars 1988. Un jeune homme s'introduit dans une maison en passant par une fenêtre située à l'étage. Lui, c'est Rick Lawless et il vient d'entrer chez un vieillard que toute la pègre connaît et surnomme «Mack le monstre». L'ancien était catcheur. Pour gagner sa croute, il était parti au Japon, juste après la guerre. Il incarnait l'américain détesté de tous et ses combats attiraient les foules. Mais sa légende chez les gangsters, il l'a construite en braquant là-bas une bijouterie. Et chacun sait qu'il a toujours gardé un collier rempli de diams, quand le reste du butin lui a permis de vivre confortablement tout le reste de sa vie. Cela n'aurait du prendre à Ricky que cinq minutes, mais ce soir là, le vieux ne dormait pas. Par chance, son Alzheimer lui a fait confondre le jeune intrus avec son petit fils, alors pour gagner du temps, Ricky lui demande de lui raconter à nouveau l'histoire du braquage au pays du Soleil Levant. Et voici que le vieux se régale de tout raconter, jusqu'au moment où Ricky s'empare du collier et que la bagarre, puis la tête de Mack, éclatent. Ricky a désormais de quoi revendre une belle pièce, parce qu'il faut payer la caution de son père...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Cela fait cliché de l'annoncer ainsi mais cela reste pourtant une vérité : Criminal est une série incontournable, car elle se situe au sommet du genre qu'elle épouse : le polar. C'est le scénariste qui le dit lui-même : on peut concevoir la série comme une tapisserie, entendez fresque. Alors si les fans se régaleront de ce flashback qui revient sur le passé de Leo, Ricky et Tracy, si on découvre pourquoi et comment est mort Teeg Lawless, on va tout de suite rassurer ceux qui n'ont pas encore goûté à Criminal : ce volume sera une formidable porte d'entrée qui les amènera à vouloir lire le reste. Fort logiquement donc, on retrouve tous les éléments d'un excellent polar : des personnages torturés et forcément déviants, avec la violence qu'ils charrient et/ou s'infligent à eux-mêmes. La famille et tout ce qui peut déconner en son sein est aussi un élément central, sans parler de l'alcool qui touche toutes les générations. Un été cruel est ainsi une histoire de filiation, car le lien entre ce père gangster, Teeg et son fils Ricky est le fil conducteur du récit. Évidemment, on parle d'un drame et si la narration de Brubaker est très classique, avec son lot de voix-off, il surprend quelque peu son lecteur en dévoilant par avance certains évènements. Bien sûr, on trouvera la figure de la femme fatale, celle par qui vient l'amour... et la mort. Côté dessins, il faudrait être aveugle pour rester indifférent face au talent de Sean Phillips, particulièrement en forme et qui se fend de pleines pages en forme de portraits, venant souvent conclure les chapitres. A noter que son fils Jacob épouse cette fois-ci totalement le code couleur de la série. A son sujet, on peut souligner sa capacité à diversifier son approche visuelle, album après album. On ne vous en dira pas plus parce que ce bouquin ne gagne pas à être résumé mais à être lu. Alors à défaut d'être cruel, votre été sera bien fade si vous ne vous munissez pas de cet album !

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