Des affaires de familles

Il y a 2 semaines 29

Trois histoires de famille : "La Synagogue" de Joann Sfar, "Bella Ciao" de Baru et "Cache-cache bâton" d'Emmanuel Lepage. 

Sfar, Baru, Lepage... ces auteurs se posent la même question : d’où est-ce que je viens ? 

Familles, je vous aime

C’est le cas de Joann Sfar, dont la dernière bande dessinée, La Synagogue, raconte l’enfance et l’adolescence à Nice, auprès de son père, avocat et adjoint au maire. Son père seul, car Joann Sfar est orphelin de mère depuis l’âge de 4 ans. Presque toutes ses BD en témoignent, à commencer par Le Chat du rabbin, dont la figure centrale, la belle Zlabya, est elle aussi orpheline de mère. Pour comprendre Joann Sfar, sa boulimie d’images, ses prises de parole incessantes, ses engagements et son rapport à la judéité, il faut lire La Synagogue, aux éditions Dargaud.

Baru, de son vrai nom Hervé Barulea, a attendu d’avoir plus de 70 ans pour remercier les siens, ses parents d’origine italienne, venus travailler en Lorraine, dans la sidérurgie. Baru a toujours parlé de la classe ouvrière et des familles qui nourrissent leurs racines avec les chants et les recettes du pays. Dans Bella Ciao, il le fait frontalement. Pour ne rien oublier et pour réaliser que tous ces hommes et toutes ces femmes du sud se sont effacés pour qu’il puisse, lui, être totalement français.
Bella Ciao, trois volumes, aux éditions Futuropolis

300 planches ! C’est ce qu’il faut à Emmanuel Lepage pour dire : "Je suis de là". Ce sont les derniers mots de cette BD, dans laquelle le dessinateur breton revient sur son enfance passée dans une communauté qui a pris corps dans les années 1960, quand ses parents ont cherché à inventer une nouvelle manière de faire société. Un hameau, six familles, une utopie catholique qui, comme toutes les utopies, a tourné court.

"Ce n’est peut-être pas réussi où ils l’imaginaient, mais ils ont inventé des choses extraordinaires, vivantes. C’est ce qui m’intéresse encore aujourd’hui : inventer d’autres façons d’être ensemble et de se parler."

Le dessinateur Emmanuel Lepage

à franceinfo

Le plus intéressant dans cette BD est peut-être le retour aux initiatives de l’époque, par exemple, à l’abbaye de Boquen, qui était dans les années 1960 un laboratoire du renouveau de l’Eglise. Porté par le dessin classique, assez virtuose d’Emmanuel Lepage, Cache-cache bâton est publié chez Futuropolis.    

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