« J’ai vu un type très grand arriver dans le camp. C’était Ben Laden »

Il y a 2 semaines 57

« Mon histoire est peut-être inaudible aujourd’hui. Avant le 11 septembre 2001, tout était tellement différent… » C’est en juin 2011 que l’existence de Mourad Benchellali a basculé. 19 ans, une copine, un job de médiateur dans le quartier des Minguettes à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, Mourad était un garçon pas trop versé dans la religion, malgré un père imam. Rien à voir avec son frère Menad, de deux ans son aîné, qui était plusieurs fois parti en Afghanistan et ne jurait que par les talibans, ces « combattants qui avaient arraché l’indépendance du pays » en 1996 et qui pratiquaient selon lui « le vrai islam ». Cette année-là, Menad avait insisté : il était temps que Mourad devienne un homme. Qu’il voie du pays. Et s’il allait lui aussi en Afghanistan cet été ? Il se trouvait justement qu’un garçon du voisinage, Nizar Sassi, voulait lui aussi faire ce voyage. Nizar, on le connaissait dans le quartier, c’était un caïd. Tout ça avait impressionné Mourad :

« Cela ressemble, c’est vrai, à l’itinéraire de ceux qui sont partis en Syrie. Pourtant, c’était très différent. Personne ne parlait de djihad dans le quartier ! Je n’ai jamais vu de vidéos de propagande, VHS, cassettes ou de trucs du genre. Je pense qu’aujourd’hui ça semble insensé, et certainement inaudible : je suis vraiment parti naïvement, et pas pour des raisons idéologiques ou religieuses. L’Afghanistan, c’était un pays interdit, bref l’aventure. »

Une « aventure » qui allait le mener à Guantanamo, le centre de d

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