« Je crois que la jeunesse va se soulever » : Enki Bilal nous dit l’avenir

Il y a 2 années 241

En 1980, « la Foire aux immortels » d’Enki Bilal s’ouvrait par ces mots : « Paris – début mars 2023 – à la veille d’une nouvelle mascarade électorale sans signification – rien ne semble devoir changer dans l’immense agglomération parisienne, politiquement autonome et irrémédiablement fascisée. » Le dessin de Bilal montrait Paris en 2023, son ciel oppressant, ses hordes d’infirmes et de miséreux. Jeune, j’étais certain que la France des années 2020 ressemblerait à une BD de Bilal. La réalité s’avéra plus nuancée, puisque malgré l’imminence d’une mascarade électorale, malgré la pandémie, l’émeute permanente, le dérèglement du climat, aucune milice fasciste ne m’a arrêté, ce jour ensoleillé de juin où je me rendais dans l’atelier parisien d’Enki Bilal. Entretien.

La pandémie et son avenir... vus par les plus grands auteurs de SF

L’OBS. Votre livre, « Nu avec Picasso », est le fruit d’une nuit que vous avez passée, seul, au Musée Picasso.

Enki Bilal. C’est une proposition qu’on m’a faite, qui m’a surpris, parce que Picasso ne fait pas vraiment partie de mes références.

On vous associe plus volontiers à Bacon, ou à Lucian Freud.

Voilà. A une certaine forme de réalisme, que Picasso a plutôt cherché à détruire. Ça a donné des choses plus ou moins réussies, certaines admirables. C’est un grand malin, Picasso. Comme Warhol. Il a su se montrer, jouer de sa notoriété, de ses engagements politiques. J’ai un peu hésité. J’ai demandé ce qu’il y avait au Musée Picasso. On m’a dit : « G

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