Pénélope Bagieu, une « Culottée » dont on a bien besoin

Il y a 3 semaines 54

Cela faisait des années que Pénélope Bagieu se tenait éloignée de l’autobiographie. Ce genre lui avait pourtant permis de se faire connaître au temps où les blogs BD jouissaient d’une grande popularité. A l’époque, la dessinatrice « postait » des scènes humoristiques sur ses galères d’illustratrice ou des récits de voyage en Irlande ou Jordanie. Une fois publiée, elle a trouvé des moyens détournés de parler d’elle, de « Joséphine », bonne copine complexée, sorte de Bridget Jones 2.0, aux « femmes qui n’en font qu’à leur tête » racontées dans les deux volumes des « Culottées ».

Pénélope Bagieu : « Ça m’a pas mal servie, le fait qu’à l’école, ça ne marche pas »

« Un permis d’oser des trucs »

Avec ces « Strates », elle nous offre un plan de coupe de sa personnalité, enrobée dans un simili-carnet de croquis intimes, griffonné au crayon de bois. Elle revient sur son enfance, son adolescence et sa vie de jeune adulte. Avec ces moments parfois déchirants, parfois plus légers, la dessinatrice, qui approche de la quarantaine, dévoile ses nombreuses facettes. Il y a son amour pour Fumée, la chatte grise qui fut le cadeau de Noël de ses 6 ans et qui se révélera « givrée », puis franchement « crado », mais irremplaçable. Son aversion maladive pour le froid, qui culmine lors d’un échange Erasmus en Angleterre où le chauffage de son logement repose sur un compteur à pounds anciens. Son courage lorsque, ado, elle ose se rendre seule à un concert dans l’espoir de croiser un garçon inconnu mais convoité.

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Sa rêverie douce-amère dans l’attente d’un rendez-vous chez le notaire chargé de la succession de son père. Sa confiance à finir un marathon ou à apprendre le russe, qui lui vient d’un souvenir de vacances au ski où on lui avait épinglé sur l’anorak, en raison de ses piètres performances, un nounours plutôt qu’un flocon. La fillette, qui n’avait pas compris qu’il s’agissait d’un lot de consolation, considéra toujours la broche comme « un permis d’oser des trucs ». Et puis ces événements traumatiques qui se déroulent dans l’obscurité, et sont malheureusement l’apanage de beaucoup de filles. Le simple fait de les mettre au jour fait d’elle une « Culottée » dont on a besoin.

Pénélope Bagieu : « Gueuler sur les gens, ça fait partie de moi… »Les Strates, par Pénélope Bagieu, Gallimard, 144 p., 22 euros.

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Née en 1982, Pénélope Bagieu s’est fait connaître en 2007 grâce à son blog BD « Ma vie est tout à fait fascinante ». Ses BD publiées chez Gallimard (dont « California dreamin’ », « Culottées », traduit en 20 langues, et « Sacrées Sorcières » d’après Roald Dahl) se sont écoulées à 1 million d’exemplaires.

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