Quand les femmes accueillent les femmes

Il y a 1 semaine 36

Le dessinateur Nicolas Wild raconte en bande dessinée le parcours des victimes de violences accueillies à la Maison des femmes de Saint-Denis. 

La maison compte une demi-douzaine de pièces, dont trois salles de consultation et une salle polyvalente. Elle réunit des professionnelles de la santé, des conseillères conjugales ou encore une avocate pour que celles qui viennent frapper à la porte, en stress et en détresse, économisent les allers-retours entre les hôpitaux, les cliniques, les psychologues et les commissariats.

La Maison des femmes de Saint-Denis, dans le 93, est située à deux pas de l’hôpital Delafontaine. Invité à témoigner en BD de ce qui s’y passe, Nicolas Wild y a multiplié les rencontres. Avec celles qui travaillent et celles qui trouvent là une écoute et du soin.

Comme la maison, son livre devient le lieu où se racontent des histoires personnelles de douleur, de malheur, d’espoir et de réconfort. Les excisions et les mariages forcés, la violence dans le couple. Comment y faire face et remonter à la surface. Elles se prénomment Naelia, Amou, Charlaine, Sophie. Pour les accompagner, les aider à se reconstruire, elles peuvent compter sur le docteur Ghada Hatem et son équipe. Nicolas Wild est arrivé sur la pointe des pieds. Il a su se faire discret.

"Quand j’ai commencé ce projet, je ne m’attendais pas à autant de témoignages aussi forts, différents et prenants. J’ai d’abord rencontré le personnel soignant, à qui j’ai demandé de relayer auprès des femmes mon souhait de les entendre raconter leur vie."

La BD permet de dire sans exposer, de dévoiler ces femmes sans toucher à leur intimité et à leur pudeur. La parole libère. Le dessin redonne corps à des parcours et des vécus qu’on aurait du mal à imaginer.

À la Maison des femmes, de Nicolas Wild, aux éditions Delcourt.

Autre bande dessinée du réel, Lanceurs d’alerte, de Flore Talamon et Bruno Loth, brosse le portrait d’une dizaine de personnes qui, en France, ont un jour dénoncé des situations intolérables : des entreprises qui polluent en toute connaissance de cause, des pactes de corruption avec des hommes politiques, ce qui se passe dans les abattoirs, des abus de biens sociaux et des détournements de fonds publics. Où l’on comprend que l’on ne devient pas lanceur d’alerte par vocation ou choix politique, mais parce que l’on se trouve un jour confronté à des comportements contraires à l’intérêt général.

Lanceurs d’alerte, aux éditions Delcourt.

Au rayon asiatique, la recommandation de la semaine, c’est Hong Kong, cité déchue. Le livre rassemble et contextualise les images et les récits du dessinateur Kwong-Shing Lau. La BD mise au service du camp démocratique.

Hong Kong, cité déchue, aux éditions Rue de l’échiquier.  

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