Rescapée de « Charlie Hebdo », Catherine Meurisse s’est soignée grâce à l’art

Il y a 1 année 185

Ah bon, elle y était ? On a un peu de mal à croire Catherine Meurisse quand elle se dessine en train de défiler boulevard Voltaire, ce 11 janvier 2015, aux bras de Luz et de Patrick Pelloux.

A-t-elle vraiment devancé les deux millions de Parisiens venus pour clamer, quatre jours après la tuerie de « Charlie Hebdo », qu’ils ne lâcheront rien en matière de liberté d’expression ? On a tellement vu et revu ces images, on l’aurait aperçue, quand même, cette trentenaire longiligne emmitouflée dans un anorak vert. Pourtant sa BD dit vrai : elle y était. Elle a même éclaté de rire, avec les autres, quand un pigeon bête et méchant a largué sa fiente sur l’épaule de François Hollande. Elle y était, mais sans y être.

« Je ne voulais pas qu’on me voie en état de fragilité , se souvient-elle. Je ne voulais pas participer à tout ça. Je ne pouvais pas répondre à la presse comme l’a fait, admirablement, Luz. »

Détruite, celle qui officiait comme dessinatrice de presse à « Charlie » depuis dix ans ne l’a pas été physiquement. Ce 7 janvier fatidique, un chagrin d’amour - un vrai, comme dans les romans - l’a retenue au lit. Elle est arrivée en retard à la conférence de rédaction. Du coup, elle se trouvait à l’abri quand les tirs des kalachnikovs des Kouachi ont retenti. « Ils tirent en l’ air », a-t-elle pensé, terrifiée, incapable d’imaginer que des tueurs pouvaient tuer.

Philippe Lançon, cinq ans après « Charlie » : « Les tueurs passent, la création continue »

Extrait de « la Légèreté ».

Extrait de « la Légèreté ».

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