Skulldigger & Skeleton Boy

Il y a 2 semaines 38

L'histoire :

La mauvaise rue au mauvais moment. Alors qu'ils quittent tardivement le restaurant, un gangster tue froidement un couple sous les yeux de leur fils. La ruelle est sombre, malgré cela le gamin a bien vu le visage de l'assassin et représente donc un témoin gênant qui doit être éliminé. Prêt à presser la gâchette de son pistolet, un objet vient cependant soudainement percuter violemment le tueur à l'arrière de la tête. Dans son dos, se dresse un colosse déguisé en squelette, tenant en main une longue chaîne surmontée d'un crâne de métal luisant du sang de sa victime. Alors qu'il se prépare à achever froidement le criminel avec sa masse d'arme, il demande à l'enfant de détourner le regard mais ce dernier ne bouge pas d'un cil, bien décidé à assister à l'exécution. Recueilli quelques heures plus tard par la police qui le dépose au commissariat afin d'obtenir son témoignage, il reste néanmoins totalement muet face aux questions répétées de l'inspectrice Reyes. De son côté, le journal télévisé tourne en boucle sur le coming out d'un candidat à la mairie de la ville qui aurait apparemment été un super-héros dans sa jeunesse. L'information remonte jusqu'aux oreilles du terrible psychopathe Grimjim, qui, du fin fond de sa prison de haute sécurité, décide que le moment est venu pour lui de s'éclipser. À l'autre bout de la ville, fixant le plafond étendu dans son lit, le jeune rescapé aperçoit une immense silhouette se dessiner derrière la fenêtre de sa chambre. Ce n'est certes pas le croquemitaine mais c'est tout comme car le Skulldigger est venu le recruter...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le papa de Sweet tooth n'en finit plus de développer son Lemireverse autour de la passionnante série Black Hammer. Cette fois-ci, il scénarise un one-shot percutant en forme d'hommage au plus célèbre héros de l'éditeur DC comics : Batman bien sûr ! On retrouve évidemment le meurtre originel sordide au détour d'une ruelle, le lien quasi filial entre le héros et son sidekick, le flic acharné et incorruptible, et bien sûr le vilain machiavélique arborant un sourire jusqu'aux oreilles. Mais là où le célèbre gardien de Gotham s'interdit de tuer, le justicier de Lemire est nettement plus radical et atomise les vilains à la manière du Punisher dont il reprend la célèbre tête de mort en effigie. Le talent du scénariste est de proposer une galerie de personnages aux personnalités complexes et d'éviter l'écueil du manichéisme trop souvent présent dans les comics. Les chapitres se succèdent avec une montée crescendo de la tension, et les révélations sont distillées judicieusement au compte-goutte. Au dessin, on découvre l'artiste croate Tonci Zonic, qui délivre un travail au style épuré qui n'est pas sans rappeler le trait de son compatriote Goran Parlov. Ligne claire pour univers sombre, il semble parfaitement à l'aise dans cet univers violent et subtile. Mais là où il y a un os avec ce titre, (ce qui semble bien normal pour un squelette), c'est bien la frustration de savoir qu'il n'y a malheureusement qu'un seul tome.

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