Une Abondance de pigeons

Il y a 2 semaines 52

L'histoire :

Dans le salon d’une jeune famille, les parents observent, circonspects, leur nourrisson prodige. Ce dernier jongle avec 4 balles tout en faisant du monocycle. Ils se demandent s’il vaut mieux l’encourager ou le décourager…
Au dernier étage d’un immeuble démesurément haut, qui surplombe tout Manhattan, un couple primo-accédant contemple une vue surréaliste sur la ville, face à une immense baie vitrée. Propre sur lui et naïf, l’agent immobilier leur annonce : « Cent quatre vingt quinze millions. Je sais ce que vous vous dites : où est-ce que ça cloche ? »
Dans la rue, un chien adossé à un mur de brique fait la manche. Sur sa pancarte : « Je n’ai pas de pouces opposables ».
A la télé, une page de publicité montre l’authentique Tarzan sur le déclin. En costume-cravate, celui-ci vante en effet les mérites d’un emprunt à la consommation : « Moi parler vous de crédit relais ».
Assis sur le rebord d’un lit, un couple est en pleine crise. La femme vient de faire un terrible aveu à son mari : « Ça n’est pas la fin du monde. J’ai seulement couché avec lui. On n’a pas regardé Game of thronesi> ensemble. Ça, je l’ai gardé pour nous. »

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le Steve Martin au scénario de ce recueil de dessins humoristiques, n’est pas un homonyme de l’acteur américain (dans Un ticket pour deux, L’homme aux deux cerveaux, La panthère rose…) : il est bien cet acteur-là ! De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne sait pas forcément que l’artiste est aussi écrivain et chroniqueur pour The New Yorker. C’est en cherchant de nouveaux terrains d’humour que ce dernier a eu l’idée de s’intéresser au dessin d’humour. Car Steve Martin considère cette expression particulière à la fois comme un aboutissement extrême de l’humour et un challenge. L’auteur est capable de triturer une idée – ou un dessin – dans tous les sens pendant des plombes avant de trouver le bon levier comique, c’est-à-dire la légende caustique idéale ou la réplique qui fait mouche. Sur les conseils de la directrice artistique de The New Yorker, Martin s’est associé au dessinateur Harry Bliss et à son dessin crayonné en noir et blanc (exception faite de 4 dessins en couleur au cœur du recueil). Et après un temps logique de tâtonnement, le duo a trouvé un mode original de composition et une mine d’or de percussion comique. Tantôt Martin demande à Bliss de lui dessiner son idée de « gag », tantôt, c’est Bliss qui fournit à Martin un dessin muet… à charge pour l’auteur de trouver le commentaire qui lui sied ! Le résultat, c’est une grande variété de contextes, de personnages, de décors, mais aussi de ressorts comiques. Ces derniers ont tout de même tendance à tourner à l’absurde et à la réflexion philosophique ou sociétale, avec un registre d’humour très new-yorkais. Quelques (rares) dessins pourront vous paraître « vides »… C’est normal, les registres comiques sont larges et ne parlent pas toujours à tous les publics, surtout lorsque le microcosme culturel est distant. En outre, les répliques d’origine en langue anglaise ne trouvent pas toujours de traduction aussi percutante.

Lire la Suite de l'Article